Si l’on veut sauvegarder cette connaissance, le plus efficace consistera donc à sanctuariser le savoir en créant une sorte d’encyclopédie du savoir et du savoir-faire horloger, dans le même esprit et dans la lignée de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1751 – 1772) mais avec les outils d’aujourd’hui pour rendre son utilisation interactive et didactique.
Les ouvrages techniques nécessitent la réalisation de dessins et de plans, mais ne permettent pas d’autre vision que la 2D, ce qui limite la compréhension d’un mécanisme que l’on ne peut pas manipuler. A contrario, les techniques modernes de 3D et de réalité virtuelle, largement utilisées dans l’industrie, permettent d’avoir une autre approche métier sous un angle différent, qui n’existe pas encore dans l’horlogerie.

L’idée de CHRONOSPEDIA appartient à François Simon-Fustier[1], l’Horloger de la Croix-Rousse, Maître d’Art en Horlogerie par décision du Ministre de la Culture en date du 3 octobre 2019. En parallèle de sa pratique quotidienne de restauration de mécanismes du XVII et du XVIIIème, il a développé une expérience significative de l’utilisation de 3D dans l’horlogerie ancienne. Cette expertise a été validée au cours des nombreuses collaborations en France comme à l’étranger pour la sauvegarde du patrimoine horloger : Château de Vaux-le-Vicomte, Château de Versailles, Musée d’Horlogerie et de décolletage de Cluses, Musée du Temps de Besançon, Palais National de Mafra au Portugal, …
Le travail déjà accompli démontre que si l’on crée une bibliothèque de dessins 3D de mécanisme, il devient dès lors tout à fait possible de réaliser des animations, des déconstructions, des vues partielles, voire des manipulations virtuelles. Le caractère électronique de CHRONOSPEDIA ouvre la possibilité de croiser la base informatique des modèles 3D des mécanismes avec celles des musées qui répertorient les horloges historiques les plus intéressantes ainsi que celles des bibliothèques qui englobent les références bibliographiques sur les ouvrages et les documents les plus pertinentes.

La conception d’une telle base de données multiforme se fera avec les institutions françaises spécialistes dans le domaine comme INIST (Institut de l'information scientifique et technique, CNRS).
Une fois CHRONOSPEDIA créée, elle sera conservée par la Direction générale déléguée Bibliothèques et appui à la science ouverte de l’Université Grenoble Alpes qui porte la mission nationale de conservation des documents matériels et numériques relevant de la physique et de ses applications dans le cadre des projets Collection d’excellence en Physique.

Pour rendre le projet encore plus efficace et opérationnelle, on complétera la sauvegarde du savoir par des modules d’enseignement certifié. Chaque mécanisme détaillé dans un des chapitres de CHRONOSPEDIA fera l’objet d’un Certificat Technique de Métier (CTM) élaboré par CMA France et les instances de la profession. Les formations seront opérées en collaboration avec le Centre International des Technologies Avancées que l’Université Grenoble Alpes déploie à La Mure. La vocation de l’ICAT est précisément de créer des formations professionnalisantes sur les différents sujets liés au temps.

[1] Découvrez le travail de François Simon-Fustier