Depuis plus de trente ans, dans les écoles d’horlogerie, les référentiels de formation portent quasi exclusivement sur la montre à quartz et la montre mécanique.
Toute la partie concernant les pendules et horloges est généralement abordée théoriquement. Pour ce qui concerne la pratique, quand elle a lieu, elle se limite principalement à un démontage remontage, sans toute la partie recherche de pannes et corrections, indispensable pour aborder la restauration et donc la sauvegarde des mécanismes. D’autant que, la fourniture n’existant presque pas en pendulerie, une restauration nécessite de savoir refaire les pièces, alors que cet enseignement a disparu des apprentissages.

L’horloge d’édifice, premier système de comptage du temps, à l’origine de tous les autres mécanismes et marqueur très important de la vie sociale, est à peine évoquée.
Si rien n’est fait, le savoir-faire en pendulerie et en horlogerie d’édifice aura disparu en 2030, lorsque les derniers horlogers formés « à l’ancienne » partiront à la retraite.
Au-delà de la perte de connaissance, c’est tout un pan du patrimoine qui ne pourra plus être entretenu.
Aujourd’hui, on peut passer un CAP en un an et intégrer une entreprise en France ou en Suisse pour un travail d’assemblage d’une montre. Les formations de niveau Brevet et au-delà intègrent, elles, des disciplines de gestion, design, commerce qui sont très éloignées des compétences nécessaires à la restauration de mécanismes anciens.
En plus de l’absence des formations spécifiques en pendulerie, pratiquement aucun ouvrage technique la concernant n’a été publié depuis 200 ans et ceux qui subsistent ne sont pas suffisamment explicites et abordables pour les jeunes générations.
Le problème est encore plus prégnant pour la base du métier d’horloger : le diagnostic de panne, sans lequel aucune intervention ne saurait être pertinente, mais qui n’est pas abordé dans le cursus actuel.

Il est donc urgent de créer une archive qui intègre à la fois le savoir et le savoir-faire horloger.